Les enjeux d’une Restauration scolaire de qualité 

La restauration scolaire, tout comme la pause méridienne, sont souvent au cœur de l’actualité éducative, sociale et budgétaire des collectivités locales.

Ainsi l’aspect alimentaire est très souvent mis en avant avec des focus sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’offre de menus végétariens, le choix des aliments de de qualité, notamment issues de l’agriculture biologique. La sortie de la loi Egalim fin 2018 et sa mise en place en janvier 2022 ont activé des questionnements et des réflexions sur l’articulation des différents enjeux liés à la bonne alimentation des enfants et des jeunes.

La restauration scolaire prétend certes, à une ambition du « bien manger », mais pas que !

L’ambition d’égalité, de citoyenneté et de laïcité n’est pas à négliger, bien au contraire.

Quelle organisation et tarification afin d’assurer l’accès de tous les jeunes sans discrimination (notamment les plus fragiles) à une éducation et à une alimentation de qualité ?

De l’importance de favoriser l’accès pour tous à la restauration scolaire

Plus de 6 millions d’élèves déjeunent régulièrement à la cantine. Cela représente un élève sur deux en primaire et deux sur trois au collège et lycée (données DEPP, rentrée 2016). Durant les vingt dernières années, la fréquentation de la cantine a augmenté (Cnesco, 2017).

Malgré une fréquentation désormais élevée de la restauration scolaire dans les collèges et lycées en France, s’élevant à 70 % des élèves dans les collèges publics. Il existe des disparités selon le type d’établissement fréquenté (éducation prioritaire, hors éducation prioritaire, privé, par exemple) ou l’origine sociale des élèves.

Des recherches nous montrent que le déjeuner peut avoir un réel impact sur la qualité de vie des élèves et leurs performances scolaires. Belot et James (2011) ont montré que des repas sains permettent une amélioration des résultats scolaires des élèves (augmentation des résultats en anglais et en sciences pour des élèves de CP) et qu’ils permettaient de faire chuter de 14 % les absences pour cause de maladie.

Les élèves semblent également plus attentifs et dans de meilleures dispositions pour apprendre. À ce titre, le déjeuner revêt une importance cruciale dans la journée scolaire de l’enfant. Mais aussi dans les facteurs favorisant son bien-être global.

Actuellement, aucune réglementation n’oblige les collectivités à mettre en place un système de réduction de coût ou de gratuité pour les élèves issus de milieux socioéconomiques défavorisés. Ce choix de financement reste la prérogative des collectivités territoriales.

Une proposition de loi a été présentée en 2012 à l’Assemblée nationale et au Sénat pour proposer la gratuité des repas pour les élèves les plus démunis, mais celle-ci a été rejetée en première lecture.

« Restaurants d’enfants et de jeunes », un concept de service global et de qualité

Un service de qualité repose sur :

  • Un projet global de service global et clair
  • Une durée minimum de 2h
  • Un personnel compétent et en nombre suffisant
  • Une posture éducative adoptée par le personnel
  • Un personnel force de propositions et formé
  • Un référent d’équipe auprès des familles et des partenaires

Un service de restauration de qualité doit faire partie d’un projet global et clair pensé par la collectivité.

 

1. Bien accueillir

C’est proposer des espaces bien agencés, agréables, confortables, fonctionnels pour les jeunes, le tout dans une ambiance sonore convenable.

2. Bien nourrir

C’est proposer une alimentation saine, sûre, durable et équilibrée. Pour répondre aux besoins physiologiques des jeunes et des adolescents. Des plats bien présentés
favorisent la mise en appétit et l’éveil au goût.

3. Bien éduquer

Le temps du repas contribue à l’éducation à l’alimentation mais aussi aux apprentissages de l’autonomie, de la responsabilisation, de la vie en groupe et aux enjeux écologiques des transitions écologiques et sociales.

4. Bien gérer

Un projet de restauration scolaire est avant tout un travail d’équipe, réunissant personnels, responsables de service, référents d’équipes… mais aussi élus, parents, associations, animateurs et bénévoles qui constituent de véritables partenaires locaux.

 

 

La Ligue de l’Enseignement garante de la laïcité à l’école

La Ligue de l’enseignement incite les collectivités locales à faire des choix favorisant
l’inclusion du maximum de convives, c’est-à-dire permettant aux enfants ne désirant pas manger certains aliments pour quelque raison que ce soit, de trouver une réponse acceptable dans leur assiette. L’objectif est de permettre à tous de manger ensemble, sans séparation ou discrimination. Ainsi la formule, respectant le principe de laïcité, qui semble satisfaire le plus grand nombre, est de fournir à ceux qui ne désirent pas consommer la viande proposée un repas néanmoins complet.

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