Insérons l’insertion !

Insérons l’insertion !

"Insérons l'insertion !"

Je reviendrai plus particulièrement sur le dossier accompagnement socioprofessionnel. Certains bénéficiaires du RSA entrent dans le dispositif et en sortent très rapidement. Pour d’autres, les étapes sont plus complexes, plus difficiles à assumer. Pour ces bénéficiaires, nous sommes convaincus, et ce de longue date, qu’un accompagnement soutenu, y compris dans les premiers mois de reprises d’activités, est indispensable pour permettre une sortie positive et durable du dispositif RSA. Cette idée, que nous avons portons depuis plusieurs années est ici reprise. C’est avec satisfaction que nous voyons ce dossier aboutir.

Le contexte socioéconomique a fortement évolué sur les derniers mois avec une forte baisse du nombre de demandeurs d’emplois, avec des difficultés de recrutement pour les entreprises, avec un rapport au travail qui change. Concilier vie professionnelle et vie personnelle devient prioritaire.

Les activités qui relèvent de nos compétences n’échappent à cette situation, bien au contraire. Nous connaissons tous les difficultés rencontrées dans les EHPAD, dans les SAAD pour trouver les intervenants indispensables à la conduite de l’activité « aide à la personne ». Les constats sont là. Nous sommes au bord de la rupture. Il y a urgence.

Portons une attention particulière au domaine de l’aide à la personne où le recrutement est en très forte tension. Aujourd’hui, il faut être encore plus efficace dans les projets favorisant l’accès à l’emploi. Depuis plus de 10 ans, nous proposons des chantiers en entreprises et dans les structures du médical et du médico-social. Il faut que l’articulation entre l’insertion et l’emploi soit claire si on veut que les personnes s’engagent dans des parcours durables.

Nous vous proposons de lancer un appel à projets innovants pour expérimenter avec nos partenaires des formes d’accompagnement directement dans l’emploi en mobilisant les allocations RSA pour aider la personne à s’organiser quand il s’agit des frais supplémentaires : déplacements, garde d’enfants…

L’insertion doit aussi être une réponse à l’activité économique et en particulier dans les compétences qui sont les nôtres. Nous ne pouvons pas continuer ainsi, insérons l’insertion.

Jocelyne MARTIN

Stratégie mobilités : de beaux documents avec des points de vigilance !

Stratégie mobilités : de beaux documents avec des points de vigilance !

Stratégie mobilités : de beaux documents avec des points de vigilance !

Nous avons sous les yeux un beau document, complet, fruit d’un travail commencé il y a plus de 4 ans maintenant. Je le disais en introduction, le pari de l’intelligence collective et du travail ensemble, ça permet d’enrichir les politiques de cette collectivité. Nous en avons ici la démonstration.

Sur le schéma des mobilités, le Département se positionne comme un acteur stratégique, interlocuteur incontournable de la Région et des intercommunalités. Cela tranche, avec l’absence de vision qui ressortait de notre avis sur le SRADDET. Pour les routes, le covoiturage, comme pour les publics qui relèvent de la compétence départementale, avec ce document nous savons désormais ce que nous pensons et ce que nous proposons. Avec ce schéma, nous avons désormais une vision interconnectée, plus moderne. Je veux saluer, au-delà des élus, le travail des services.

Sur le fond, mes collègues et moi militons ici depuis des années pour penser la multiplicité des usages. Une route, c’est d’abord un chemin vers un objectif, pas uniquement un espace dédié à la voiture. Les mobilités, ce ne sont pas uniquement la route pour l’automobile.

Sur les publics fragiles, vous avez repris plusieurs de nos propositions, notamment lorsqu’il s’agit d’ouvrir la location avec option d’achat de véhicules d’occasion par les garages solidaires. Ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on doit être réduit au vélo ou à la mobylette. Au contraire, accéder à la voiture, c’est-à-dire pour beaucoup à l’autonomie, ça donne du sens au travail. Quand ça permet de mieux aller chercher les enfants, d’aller en w-e en famille, ou en vacances à la mer, c’est du progrès social.
Quand vous acceptez aussi notre proposition de financer les actions de vélo-école, pas seulement pour les collégiens, mais aussi pour ces habitants qui vivent dans des tours et n’ont jamais appris à faire du vélo, c’est du progrès social.

Sur les routes : Permettez-moi une satisfaction de mon collègue Grégory Blanc : cela fait plus de 10 ans qu’il se bat pour l’amélioration de la RD347 entre Angers et Beaufort, axe le plus saturé du Département. C’est désormais acté. Certes, ce travail sera impacté par l’arrivée ou non du centre pénitentiaire. Cela va donc encore demander un peu de temps, mais c’est inscrit.

Sur le Plan Vélo enfin, vous avez corrigé au fil de l’eau vos orientations initiales, avec désormais une cartographie hiérarchisée dégageant des axes d’intérêts départementaux. Ce n’est pas exactement ce que nous souhaitions, mais l’avancée est réelle. Surtout, après les avoir rejetés à plusieurs reprises, vous avez fini par entendre nos arguments sur les franchissements d’obstacles. Certes, cela ne concernera que les ponts de la Loire dans un premier temps. Mais si on veut penser vélo ou trottinettes et multimodalités, il faut permettre aux habitants du Sud Loire d’accéder en sécurité aux gares du Nord Loire, sur l’axe Tours-Nantes.

Au-delà de ces points positifs, permettez-moi de soulever trois fragilités :

1. L’absence de chiffrage par fiche-action. Nous entendons la nécessité de souplesse. Mais si on veut réellement évaluer ce que le Département fait ou pas, il faut que l’on puisse compter, préciser à l’avance les critères d’évaluation. Or, là, cela reste flou. C’est un enjeu de travail pour la Commission.

2. L’absence de vision des solidarités territoriales entre EPCI et à l’intérieur de ceux-ci. Je pense aux zones rurales isolées et aux quartiers prioritaires. De même, quelle(s) continuité(s) entre Beaufort et Angers, et plus précisément entre Mazé et Corné ou encore entre Brissac et les Ponts-de-Cé ? Mais aussi, comment se rendre de Brion aux permanences sociales de Seiches ? Et du coup, comme cela n’est pas pensé, le choix fait est de construire une politique de guichet via des appels à projet ou des subventions aux communes.

3. Dernier point de fragilité qui reste un autre point de désaccord entre nous : les pistes cyclables sur routes départementales doivent être aménagées sous maîtrise d’ouvrage de notre collectivité. Les routes départementales sont la propriété du Département. On ne peut pas demander aux communes de payer et conduire le travail sur nos propres axes. Cela nous parait incongru. Propriété départementale = compétence du Département. Au moment où les choses sont souvent complexes pour les élus municipaux, cela nous paraîtrait pourtant plus clair et plus simple de fonctionner en ce sens. C’est un point sincèrement sur lequel il faut évoluer, notamment si on veut une continuité –et donc la sécurité- des axes. Sur un axe départemental, on ne peut pas avoir des itinéraires qui changent au gré des frontières communales : un coup une bande de peinture, un coup un chemin, un coup une vraie piste.

Voilà Madame la Présidente, cher.e.s Collègues, quelques commentaires sur ce document important que nous voterons, je l’ai déjà dit, avec satisfaction.

Jocelyne MARTIN et Grégory BLANC

Autonomie et protection de l’enfance : des progrès à approfondir

Autonomie et protection de l’enfance : des progrès à approfondir

Autonomie et protection de l'enfance : des progrès à approfondir

Autonomie

Au cours de la dernière session, la prise en charge de l’autonomie a fait débat. Vous vous étiez engagée, Madame la Présidente, à réfléchir sur le point GIR qui définit notre soutien aux établissements accueillant des personnes âgées. Qu’en est-il ? Nous sommes tous conscient des difficultés rencontrées en établissements.

Nous avons eu l’occasion d’échanger et je retiens 3 points de ces échanges :

  • Le constat a été partagé entre nous. Le consensus est présent pour dire que l’on ne peut pas rester dans cet état dans l’accompagnement des personnes âgées en établissement.
  • Il faut revaloriser notre prise en charge de la dépendance dans les établissements, peu importe l’outil que nous utilisons pour y arriver.
  • Au lieu d’investir dans le bâti des établissements, nous pensons plutôt investir dans les équipements servant à la prise en charge de la dépendance.

Cependant, ces points et accords ne se retrouvent pas dans le BS 2022. Il faut améliorer notre participation dans les établissements accueillant des personnes âgées. Nous devons être au rendez-vous de cette compétence essentielle du Département. Nous vous proposons d’ajouter 3 M€ pour améliorer le soutien aux établissements de personnes âgées et 500 K€ pour investir dans l’habitat inclusif et partagé.

Au-delà de l’accompagnement en établissement, il nous faut immédiatement nous interroger sur l’aide à domicile. S’il y a bien un grand danger de rupture actuellement, c’est dans ce secteur. Nous devons réfléchir à un moyen d’améliorer ce secteur en grande tension.

Enfance Famille

Ces 6M€ permettent de revaloriser les salaires des travailleurs de la protection de l’enfance. Nous sommes totalement pour cette modification budgétaire. Mais ces 6M€ ne vont avoir que trop peu d’impacts sur la situation de la protection de l’enfance. Il faut faire davantage, peut être autrement.

Même si nous réécrivons le Schéma enfance famille en 2023, cela ne nous empêche pas de faire des propositions pour 2022. Mais nous n’avons pas suffisamment d’orientations claires sur cette politique. Cela fait un an que nous disons que nous devons réfléchir, mettre en place des dialogues de gestion avec les structure de l’enfance.

Mettons-nous au travail ! Quand nous rencontrons le personnel et mesurons les situations compliquées, la situation nécessite des orientations différentes. Ces 6M€ n’attaquent pas à la racine les problématiques de la protection de l’enfance. Il y a la question de la prévention qui est trop mise de côté.

Les conditions de travail, et pas que de salaires, ne sont plus soutenables. C’est dramatique d’entendre cela. Nous devons peut-être trouver un temps de travail entre élus pour élaborer des solutions pour avoir une politique plus efficiente en 2023 afin de mieux accompagner les enfants et les familles.

Nous voterons ce dossier. Personne ne peut s’opposer à la revalorisation des salaires. Mais ces 6M€ ne donnent pas forcément de solution à la situation extrêmement tendue de la protection de l’enfance.

Bruno CHEPTOU

Intervention sur les collèges

Intervention sur les collèges

Intervention sur les collèges – Jean-Luc Rotureau – BS 2022

Résumé de l’article :

Jean-Luc Rotureau a défendu un amendement sur les collèges :
– Ouvrir une enveloppe d’1M€ supplémentaires pour les dépenses énergétiques des collèges et une de 200K€ pour faciliter les dépenses alimentaires des selfs.
– Ouvrir une autorisation de programmes de 15 M€ en faveur d’investissements dans les collèges.
Ces propositions se fondent sur les besoins urgents qui sont remontés dans les conseils d’administration. Mais cet amendement a été rejeté par la majorité qui « n’est pas prête à lancer de tels travaux ».

Entre le budget primitif voté et celui qui nous est proposé aujourd’hui, nous voyons deux lignes principales en évolution sur les collèges : il s’agit de l’augmentation de 950 000€ des A.P. pour des programmes du Plan pluriannuel d’investissements en cours, et une augmentation d’1,4M€ pour la sécurisation numérique sachant que la charge nette du département sera autour de 322K€ compte-tenu des subventions européennes.

Autrement dit, il s’agit d’ajustements techniques pour tenir compte de certaines réalités de coûts ou de possibilités de rentrées financières.

Par contre nous ne voyons pas une prise en compte de besoins importants des collèges, besoins liés à l’actualité économique et besoins d’investissements futurs.

Nous sommes demandeurs d’une politique beaucoup plus volontariste lors de cette session de budget supplémentaire où nos marges de manœuvre existent.

Cette politique plus volontariste devrait s’exprimer sur deux lignes :

  • La dotation annuelle
  • De nouvelles AP en prévision d’un PPI revu à l’automne

La dotation annuelle

Vous proposez une enveloppe de 100K€ afin, dites-vous « de pouvoir répondre aux aléas supportés par les collèges et apporter notre soutien si cela s’avère nécessaire »…

Soyons sérieux ! D’abord sur les montants : 100K€, cela correspond en moyenne à 2000€ par collège sur les 50 collèges publics. Cela ne fait pas très sérieux quand on connait les budgets des collèges.

Ensuite sur les fameux aléas et la nécessité…

Les collèges supportent de plein pot la montée des coûts de l’énergie, plus de 40% sur ce semestre quand on écoute des gestionnaires. Prenons l’exemple d’un collège où nous siégeons : il va dépenser probablement cette année une somme supplémentaire supérieure à 20K€, rien que pour l’énergie. Tous les collèges vont être confrontés à ces difficultés malgré les efforts entrepris pour la question de l’isolation thermique. Je pense que nous sommes tous conscients de ce changement d’échelle des coûts cette année ; alors le bon sens veut que nous anticipions et non que l’on attende d’avoir mal !

Rien que pour cette question énergétique, nous devons budgéter non pas 100K€, mais 1M€ pour répondre aux demandes qui ne vont pas manquer d’arriver. Cela s’appelle de la gestion et c’est le sens de notre amendement. Et si vous participez aux réunions de conseils d’administration, vous le savez très bien chers Collègues !

Dans des proportions moindres heureusement, il y a aussi la question de la restauration et du prix des denrées alimentaires. Qui ne fait pas ses courses parmi nous ?

l’alimentation a augmenté. Des chefs cuisiniers s’inquiètent de ce qu’ils peuvent mettre dans l’assiette, alors qu’ils essaient désormais, et c’est tant mieux, de respecter la loi EGALIM et nos orientations pour un approvisionnement local de qualité et si possible bio. Pour ces chefs cuisiniers, cela va devenir la quadrature du cercle !

Si les budgets restauration doivent s’équilibrer dans la gestion du collège avec le prix du repas payé par les familles que nous décidons dans cette assemblée, nous ne pouvons non plus attendre que les réserves des collèges s’entament dangereusement. En début d’année, lors du budget primitif, nous avons proposé une aide aux familles que vous avez rejetée. En ce milieu d’année, vous ne pouvez faire la sourde oreille face à un problème réel et croissant. Se nourrir est bien plus coûteux qu’il y a un an !

D’ailleurs Madame la Présidente, vous vous êtes engagée sur cette question. Dans un article du 9 juin dans la presse locale, relatif aux circuits courts et à « approlocal », il était souligné que face à l’augmentation des prix le conseil départemental n’avait pas adapté l’enveloppe budgétaire. Un chef cuisinier disait quant à lui que, pour s’adapter, il avait décidé de couper sur le bio. Il était aussi souligné que la qualité de la nourriture était la principale victime de l’inflation couplée au manque de soutien économique du département.

Dans cette article, vous avez dit et assurer agir. « On ne peut pas avoir un discours en adéquation avec ses valeurs sans avancer une partie financière pour compenser les effets de cette inflation » avez-vous dit, en précisant qu’une décision serait prise avant 2023. Madame la Présidente, y a-t-il un moment plus approprié qu’une séance de budget supplémentaire où nous avons des marges pour décider ? C’est maintenant et donc aujourd’hui qu’il faut agir ! On ne peut pas toujours repousser au lendemain. Pour la restauration, nous demandons qu’une ligne de 200K€ soit inscrite pour pallier les coûts liés à l’inflation alimentaire.

En définitive, sur cette dotation collèges, pourquoi ce qui est possible pour les EHPAD (150€/résident), pour le village St Exupéry (augmentation pour les coûts d’énergie), et ce que vous déclarez pour la restauration n’a pas de traduction concrète lors de cette session ? Pour nous, et pour nos collèges, cela est incompréhensible. Il y a là une injustice alors que nous sommes sur une de nos compétences principales.

Anticiper sur le PPI

Concernant les investissements dans les collèges, l’étude des services est en cours et nous devons programmer un nouveau PPI en septembre ou Octobre. Nous avons bien intégré ce calendrier.

Cependant, rien n’empêche dès maintenant, compte-tenu des nombreux besoins et des résultats 2021, de provisionner des autorisations de programme sur les collèges. Nous vous proposons la somme de 15M€ qui correspond à ce que vous mettez en crédits de paiement pour Foch.

Compte administratif 2021

Compte administratif 2021

Le compte administratif 2021

Permet de mesurer les résultats réels de l’activité de l’année précédente. Il reflète la vie réelle de la collectivité.

Nous ouvrons la session avec de fortes marges de manœuvre.

Disons-le tout de suite, il s’agit d’une année 2021 exceptionnelle qui a généré un excédent de plus de 68 M€. Nous devrons décider lors de cette session de son affectation afin qu’elle soit intelligente, volontariste, ambitieuse et raisonnée.

L’excédent net de l’année dernière a été en progression de plus de 21 M€ par rapport à l’année précédente.

Deux raisons principales expliquent ce très bon résultat. D’une part, et cela a été dit, une croissance sans précédent des droits de mutation pour atteindre 156M€, soit 37M€ de plus que l’année 2020 qui était déjà une bonne année. Et d’autre part, un taux d’exécution des dépenses d’investissement à hauteur seulement de 64%. C’est un taux faible, 1/3 des investissements n’a pas été réalisé. L’écart est important entre le budget voté et le budget réalisé. Nous devons nous interroger sérieusement sur ce manque de réalisation.

Notre épargne nette a augmenté de 90% par rapport à 2020 pour atteindre 73M€ et notre capacité de désendettement est tombée à 3,2 années en ce début d’année. Notre collectivité est désormais dans une bonne situation financière.

Chers Collègues, y a-t-il eu une année où nous étions, avant le budget supplémentaire, dans des conditions plus favorables que celles d’aujourd’hui ? Je ne crois pas. Cela doit nous permettre de faire des choix marqués et forts. On peut être vigilant. Mais avec de tels résultats, il faut faire de tels choix. Sinon, on ne les fera jamais !

Nous savons que les DMTO peuvent être volatiles, cependant force est de constater que ceux-ci nous donnent, à la lecture de ce compte administratif, de sacrées marges de manœuvre.

Pour les investissements, qui ont été si faiblement consommées en 2021, la question de la sincérité de nos budgets se pose. En tout cas, cette non-consommation doit impérativement être compensée cette année, surtout parce qu’il y a des besoins, et aussi parce qu’une telle année ne se reproduira peut-être pas. C’est justement parce que c’est une année exceptionnelle que nous devons prendre des engagements. On ne peut pas tout remettre à demain.

Compte-tenu de nos votes précédents et de ce delta entre le budget voté et le budget réel, nous nous abstiendrons sur ce compte administratif et nous aurons bien entendu des propositions à faire pour le budget supplémentaire en affectation de ce résultat 2021.

Jean-Luc ROTUREAU

Propos introductifs – Budget supplémentaire 2022

Propos introductifs – Budget supplémentaire 2022

Propos introductifs - Budget supplémentaire 2022

Résumé de l’article :

Grégory Blanc a commencé par présenter la satisfaction du groupe de voir ses propositions intégrées (éducation, sport, insertion, digues, …). Cependant, les marges financières non utilisées doivent permettre au Département d’investir pour réduire les coûts de fonctionnement, notamment dans ses compétences obligatoires. Nous aurions souhaité que le Département s’engage plus, soit plus ambitieux. Au regard de sa situation financière, c’était le moment où jamais pour investir dans les collèges, les EHPAD, l’aide à domicile, … Il y a une réelle urgence !

Il y a quelques jours, je regardais le journal de 20h. 1er sujet : l’allocution présidentielle pour rappeler qu’il n’y avait pas de majorité, et les risques d’instabilités. Puis 2e sujet : les dégâts liés aux tempêtes, puis la guerre en Ukraine, puis le risque de famine en Afrique, puis la hausse des taxes par le Parlement européen, puis l’inflation et la baisse de la prévision de croissance, puis encore… la hausse du Covid… Il a fallu attendre plus de 20 min et le sport et Léon Marchand pour avoir enfin une bonne nouvelle.

Notre monde est anxiogène. Il y a pourtant aussi des choses qui vont bien, autre que le sport : la science progresse chaque jour, les salaires sont payés, les services publics fonctionnent globalement, même s’il y a des problèmes ici et là, les trains arrivent globalement à l’heure même s’il y a des retards. Et ici, dans ce Département, les élus politiques sont capables de travailler ensemble et de s’écouter, même quand ils ont des sensibilités différentes.

Le gros dossier de cette session, c’est le schéma mobilités auquel est adossé le Plan Vélo. Nous demandons depuis des années -déjà du temps de Christophe Béchu- une planification de l’aménagement cyclable. Depuis 4 ans (avec les freins du COVID), nous travaillons ensemble, et nous voterons aujourd’hui ensemble un beau document. Nos avis, ceux de mes collègues et moi, ont été globalement intégrés. Il demeure évidemment quelques réserves. Mais avec cette délibération, nous avons la démonstration que le sens du compromis et l’intelligence collective, ça marche mieux que les oppositions stériles.

A cette session, en matière d’éducation, de sport, de culture, d’insertion, sur les digues, nous soulignerons sur plusieurs points que ces avancées sont réelles et qu’un autre type de gouvernance au service des territoires est possible. Nos idées avancent, dans l’écoute réciproque ! Tant mieux !

Au-delà des schémas et politiques sectoriels, il y a aussi les finances globales et la trajectoire du Département, que nous examinerons lors du Compte administratif et du Budget supplémentaire. En mars, au moment du BP, nous pointions du doigt de réelles marges de manœuvre et évoquions la nécessité d’agir et d’être prudent, c’est-à-dire non pas attentiste mais prévoyant. Parce qu’il y a 2 façons d’envisager la prudence, et manifestement nous avions un désaccord sur la signification même de la prudence.

Avec ce CA, ces marges de manœuvres se révèlent au-delà des attentes. Certes, il y a des DMTO. Mais une fois de plus, des records d’investissements ne sont pas dépensées. 1/3 du budget prévu n’est pas réalisé : 1/3 ! Dit autrement, soit il y a chaque année, depuis quelques années, un problème de prévision et de gestion, soit il y a une volonté de dégager des excédents en quelque sorte… non exploités. En tout cas, cette stratégie de gestion financière nous interroge : elle fait certes apparaître de jolis tableaux comptables, mais est-ce être prudent que de repousser sans cesse les investissements sur nos compétences obligatoires (collège, EHPAD, maintien à domicile) alors qu’il y a des besoins urgents et qu’agir permettrait d’abaisser les coûts de fonctionnement ? Nous ne le pensons pas et comment ne pas interroger la sincérité du Budget primitif voté compte-tenu des écarts au compte administratif ?

Depuis 3 ans, nous demandons d’impulser une autre dynamique, prudente, mais une autre dynamique, en lançant les opérations et investir autant que possible dans nos compétences obligatoires.

Or, à ce BS, vous proposez de mettre l’argent non pas pour mieux prendre en charge la dépendance dans les maisons de retraite ou faciliter le mieux vivre chez soi, ou encore diminuer les coûts énergétiques dans nos bâtiments, mais pour la SOMINVAL -qui relève de la compétence Région- ou encore pour l’achat du Bâtiment FOCH, avec sur ce dossier des arguments aujourd’hui totalement inverses de ceux donnés à l’époque par la même majorité. A l’époque, ce montage nous disait-on nous faisait gagner de l’argent. Maintenant, on nous explique le contraire.

Dans les faits, il y a une réalité, simple, il faut être capable de la poser : être prudent pour vous, comme expliquait Philippe Chalopin en Commission, c’est attendre d’y voir plus clair parce que personne ne sait de quoi demain sera fait. Cela fait plusieurs années que vous développez cet argument. Alors on attend, on attend. Depuis 3 ans, ça traîne quant à la construction des programmes. Et aujourd’hui, comme ce Département ne sait pas quoi faire de ces excédents (parce que vous n’êtes toujours pas prêts sur nos compétences) vous proposez de dépenser l’équivalent de la rénovation de 3 collèges dans le rachat à nous-même du bâtiment FOCH. Mais prendre dans la poche gauche pour mettre dans la poche droite, ça ne fait pas de nouvelles réalisations. Comptablement, ça marche, mais pas dans les faits.

Cela fait 3 ans qu’on aurait pu accélérer un peu.

Vous dégagez des marges de manœuvres comptables, nous aurions souhaité en dégager dans les faits, d’autant plus que – on le voit bien – investir aujourd’hui coûte déjà plus cher au contribuable du fait de la hausse des taux et des matières premières.

Il faut agir maintenant, parce que maintenant, c’est déjà trop tard. Au final, au budget primitif, nous avons déposé des amendements pour les EHPAD, pour la restauration scolaire, pour la prévention et pour créer une enveloppe pour les dépenses imprévues afin d’anticiper l’inflation.

Madame la Présidente, nous voyons bien que des choses avancent, je le disais : mobilités, routes, digues, insertion, mobilisation d’une enveloppe pour dépenses imprévues il y a des évolutions. A cette session, nous voyons nombre de nos idées reprises. C’est une satisfaction. Pour autant à ce BS, sur nos compétences obligatoires, c’est quasi le statu quo.

Sur le Budget, nous souhaitons une gestion financière plus dynamique, à l’image de ces politiques sectorielles que j’évoquais et qui nous rassemblent. Démontrer ici au niveau des finances ce que d’autres n’arrivent pas à faire à Paris, c’est-à-dire être capable de compromis dans le respect des sensibilités différentes, ce serait sans aucun doute tenir un peu plus le pari que nous avons fait ensemble l’an passé.

Grégory BLANC, pour l’Anjou en Action